La dernière série d’alertes-pays de FEWS Net
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La dernière série d’alertes-pays de FEWS Net fournit des mises à jours concernant la sécurité alimentaire et la production alimentaire pour de nombreux pays en Afrique Sub-saharienne.

En République Démocratique du Congo les conflits représentent encore un défi de taille pour la sécurité alimentaire. Les conflits et les troubles civils ont entraîné le déplacement de plusieurs centaines de milliers de personnes dans le pays, et FEWS NET prévoit que la saison creuse devrait commencer plus tôt et être plus sévère que la moyenne. Ces facteurs, combinés à une dépréciation du franc Congolais et du dollar US, ont entraîné une augmentation des prix dans les marchés à travers le pays, causant une baisse du pouvoir d’achat et de l’accès aux aliments pour de nombreux ménages pauvres. Plus de 1,5 millions de personnes sont actuellement en situation d’urgence alimentaire (selon la classification IPC) et 7,7 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence, selon un récent rapport de Reuters.

En Tanzanie, la production d’aliments de base proche de la moyenne dans certaines régions va améliorer la sécurité alimentaire et l’accès aux aliments parmi les ménages pauvres. Une interdiction de l’exportation du maïs promulguée par le gouvernement tanzanien en juin a également contribué à augmenter l’apport en aliments de base et à faire baisser leurs prix. Cependant, FEWS Net rapporte que l’interdiction pourrait impacter la production future des ménages producteurs excédentaires du Sud, qui reçoivent actuellement des prix en dessous de la normale en raison de l’interdiction. La population de réfugiés en Tanzanie, dont la plupart proviennent du Burundi voisin, devrait voir ses conditions de sécurité alimentaire se dégrader dans les mois à venir, en raison d’une assistance réduite de la part des donateurs internationaux ; l’insécurité alimentaire parmi les réfugiés pourrait atteindre la Phase IPC de crise selon FEWS Net.

Les pertes de cultures au sud-ouest de l’Ouganda semblent être plus importantes que ce qui était originellement prévu, en raison principalement du climat sec. Alors que de nombreux ménages demeurent en Phase IPC Minimale d’insécurité alimentaire grâce à la baisse des prix du marché et de la disponibilité de certaines récoltes, les ménages pauvres qui ont été durement touchés par le climat sec pourraient rester en Phase de Stress d’insécurité alimentaire tout au long du mois de novembre. Bien que les prix des denrées de base aient quelque peu diminué au cours des derniers mois, ils sont restés de 75 à 100 pour cent au-dessus de la moyenne en juin. De nombreux ménages pauvres se sont tournés vers la vente de charbon et de bois de chauffage comme moyen de subsistance, et les termes d’échange ont été réduits d’environ 50 pour cent pour de nombreux ménages.

Le Malawi commence à connaître des prix du maïs proches de la moyenne à mesure que les récoltes se terminent de manière favorable dans les régions centrales et nord du pays. Par exemple, à Salima (centre du Malawi), les prix moyens du maïs ont baissé de 19 pour cent entre avril et juin et sont presque 50 pour cent inférieurs aux prix de juin 2016. A Karonga (nord du Malawi), les prix moyens du maïs ont chuté de presque 39 pour cent en dessous leur moyenne sur cinq ans en juin. A travers le pays, de nombreux ménages restent dans la phase minimale d’insécurité alimentaire. Les importations de maïs ont baissé en-dessous de la moyenne sur cinq ans en raison de la production favorable de 2017, alors que les exportations de maïs continuent à augmenter de 76 pour cent au-dessus de la moyenne en raison d’une augmentation de la demande en provenance des pays voisins en Afrique de l’Est.

Au Kenya, la sécurité alimentaire continue de se détériorer dans les zones pastorales en raison du climat sec saisonnier. Des niveaux extrêmement critiques de malnutrition persistent dans plusieurs régions en raison d’une production de lait inférieure à la moyenne et d’une baisse des prix du bétail. La production agricole dans les régions du sud-est du pays est également en-dessous de la moyenne, avec une production de maïs qui atteint à peine les 26 pour cent de la moyenne quinquennale en juillet. Les régions côtières connaissent de meilleures récoltes, avec des productions de maïs et de manioc qui devraient atteindre 70 pour cent et 90 pour cent en moyenne, respectivement. Les prix des denrées de base ont légèrement baissé dans les zones agricoles marginales et dans les zones urbaines, mais les prix du maïs restent de 35 à 60 pour cent au-dessus de la moyenne, continuant à mettre la pression sur le pouvoir d’achat des ménages pauvres. FEWS NET prévoit que de nombreux ménages agricoles resteront en phase de stress de l’insécurité alimentaire ou atteindront la phase de crise d’insécurité alimentaire dans le court terme (au cours de septembre).

Photo credit:EU/ECHO/Eunice Maina