Rapport sur les politiques alimentaires mondiales de 2020
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Le système alimentaire africain a connu une transformation rapide ces dernières années, dominée par une urbanisation généralisée et des revenus en hausse. De plus, des initiatives, telles que la Zone de libre-échange continentale africaine, ont modifié la structure et le fonctionnement du marché afin de stimuler les échanges régionaux et la croissance économique. Ces modifications apportent de nouvelles opportunités génératrices de revenus tout au long de la chaîne de valeur de l’industrie agroalimentaire, des agriculteurs aux commerçants et aux distributeurs, et au secteur de la restauration.

Toutefois, des efforts doivent être faits afin de s’assurer que les petits exploitants et les autres populations marginalisées ne soient pas mis à l’écart des marchés à forte valeur ajoutée, d’après le rapport sur les politiques alimentaires mondiales de 2020 (RPAM), publié par l’IFPRI le 7 avril.

Le rapport fournit des recommandations spécifiques pour construire des systèmes alimentaires qui incluent les populations vulnérables, notamment les ménages ruraux, les petits exploitants, les femmes et les jeunes.

Les populations rurales

A travers l’Afrique, la pauvreté et l’insécurité alimentaire ainsi que le manque d’accès à certains services tels que l’eau potable et l’électricité restent concentrés dans les zones rurales.  Le rapport appelle à une augmentation des investissements dans les infrastructures et dans les filets de sécurité sociale dans ces zones afin de s’assurer que les populations rurales ne soient pas mises à l’écart au cours de la transformation du système alimentaire. Par exemple, des investissements dans des infrastructures de transport, telles que des routes, peuvent améliorer l’accès au marché des ménages ruraux et leurs opportunités d’emploi. De même, des investissements dans la R&D agricoles et dans le renforcement des capacités rurales, par les gouvernements et le secteur privé, peuvent créer un environnement dans lequel les populations rurales seraient plus à même de participer à des activités de production agricole à forte valeur ajoutée ou à des emplois non agricoles au sein de la chaîne de valeur de l’industrie agroalimentaire.

Les femmes

Ces dernières années, l’égalité de genre est devenue une priorité des décideurs politiques dans de nombreux pays africains, en partie grâce à l’appellation de l’Union Africaine de 2010-2020 comme la Décennie africaine pour la femme. Des efforts ont été faits à travers le continent pour préserver les droits juridiques et politiques des femmes, pour augmenter la représentation des femmes dans les instances décisionnelles, pour améliorer l’éducation des femmes et leurs possibilités d’emploi, et pour cibler des politiques de soutien aux besoins spécifiques des femmes afin de les autonomiser dans le secteur agricole. Malgré ces efforts, les inégalités de genre persistent, et ont plusieurs effets négatifs, tels que la réduction de la productivité de l’industrie agroalimentaire. Afin de répondre à ces problèmes, le RPAM recommande d’inclure des objectifs explicites d’égalité de genre dans les politiques et les programmes de développement, tels que le renforcement des capacités des femmes et le renforcement de leur parole. L’accès aux instruments financiers et le soutien au développement d’entreprise pour les femmes devraient également être renforcés afin de les aider à participer équitablement à la modernisation des systèmes alimentaires de la région.

Les jeunes

Le taux de chômage des jeune entre 15 et 24 ans en Afrique représente plus du double du taux de chômage global de la région. Bien que le secteur agricole représente une large proportion de la main d’œuvre en Afrique Sub-Saharienne, seulement 2% des étudiants étudient l’agriculture à l’université, d’après le RPAM 2020. Il est donc important d’attirer plus de jeunes dans un secteur agroalimentaire croissant afin de réduire le taux de chômage. Afin d’impliquer l’immense population de jeunes en Afrique dans le secteur agricole avec succès, les système d’éducation et de formation doivent être mieux financés et renforcés dans toute la région. De tels efforts devraient impliquer plusieurs parties prenantes, dont le gouvernement, le monde universitaire et les institutions de recherche, les professionnels du développement, et le secteur privé.

Le RPAM 2020 utilise une large gamme de données et d’indicateurs, dont les Indicateurs de Science Agricole et de Technologie (ASTI), les Indicateurs de Capacité de Recherche sur les Politiques Alimentaires (FPRCI), la Productivité Totale des Facteurs Agricoles, des données du modèle IMPACT, et des données du modèle SPEED (Statistiques sur les Dépenses Publiques pour le Développement Economique).

 

Photo credit:G.M.B. Akash/Panos